Blog
Human Research > Blog > Newsletters > Le risque de somatisation en période de repos (vacances ou perte d’emploi)
Le risque de somatisation en période de repos (vacances ou perte d’emploi)
- janvier 29, 2026
- Publié par : Equipe Human Research
- Catégorie : Newsletters
Aucun commentaire
Le surinvestissement professionnel — c’est-à-dire l’implication excessive, voire exclusive, dans l’activité professionnelle — augmente significativement les risques d’épuisement et de somatisation. Les personnes qui placent leur travail au centre de leur identité ou de leur système de valeur sont particulièrement vulnérables à des manifestations physiques (fatigue, douleurs, troubles digestifs, etc.) dès lors qu’elles cessent leur activité, notamment en vacances ou en situation de perte d’emploi.
Ce phénomène s’explique souvent par :
-
Un relâchement brutal du système : le passage d’un état d’alerte chronique à un état de repos peut déclencher des réactions physiologiques inattendues.
-
L’inhibition des émotions au travail : stress, anxiété, colère ou frustration, longtemps refoulés, se traduisent par des symptômes corporels une fois la pression levée.
-
Un manque de récupération réelle en dehors du travail : les vacances deviennent alors le seul moment où le corps peut “exprimer” ce qu’il a accumulé.
Sur le plan clinique, ce surinvestissement peut être vu comme un “refoulement réussi” : toute pulsion créatrice, toute vie imaginaire est mise en sourdine au profit de l’adaptation aux exigences du travail et à la recherche de reconnaissance sociale. Ce mécanisme, bien que fonctionnel à court terme, devient rapidement pathogène.
Symptômes fréquemment observés en période de repos ou après une perte d’emploi :
-
Troubles digestifs : nausées, douleurs abdominales, diarrhée ou constipation.
-
Troubles cardiovasculaires : palpitations, hypertension, douleurs thoraciques (souvent sans cause organique).
-
Troubles musculosquelettiques : lombalgies, tensions cervicales, céphalées.
-
Troubles du sommeil : insomnie, réveils fréquents, sommeil non réparateur.
-
Fatigue chronique : épuisement physique sans cause médicale identifiée.
-
Troubles immunitaires : baisse des défenses, infections à répétition.
Ces liens, entre surinvestissement professionnel, absence de décompression et somatisation sont documentés par des études en psychosomatique et en psychologie du travail — notamment par l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité) en France et l’OMS.
Deux pistes pour prévenir ce phénomène :
-
Encourager une déconnexion réelle en dehors du travail, même en période active, permet de prévenir ces phénomènes. Un temps d’arrêt régulier — même court — est un outil de prévention aussi efficace qu’un congé annuel.
-
Au travail, renforcer les moyens cognitifs de contrôle et d’expertise (outils méthodologiques, apports conceptuels) et préciser au mieux les attentes. Le manque pour ces deux points étant identifié comme un facteur majeur de stress.